Directives en matière de diagnostic
et de traitement des infections par le HPV
des organes génitaux féminins
E.R. Weissenbacher, A. Schneider, L. Gissmann, G. Gross, P. Hillemanns,
M. Link, U. Petry, P. Schneede, V. Schneider et H. Spitzbart
Arbeitsgemeinschaft für Infektionen und Infektionsimmunologie in
der Gynäkologie und Geburtshilfe der Deutschen Gesellschaft für
Gynäkologie und Geburtshilfe (AGII de la DGGG) [Groupe d’étude
sur les infections et l’immunologie infectieuse en obstétrique et
en gynécologie de la Société allemande d’obstétrique
et de gynécologie]
European Society for Infectious Diseases in Obstetrics and Gynaecology
(ESIDOG) [Société européenne des maladies infectieuses
en obstétrique et en gynécologie]
International Infectious Disease Society in Obstetrics and Gynaecology
- Europe
(I-IDSOG-Europe) [Société internationale des maladies
infectieuses en obstétrique et en gynécologie - Europe]
Conforme aux directives des associations suivantes :
- Deutsche STD-Gesellschaft (DSTDG) [Société allemande
des MST]
- Deutsche Gesellschaft für Urologie (DGU) [Société
allemande d’urologie]
- AG-CPC de la DGGG
Date d’entrée en vigueur proposée : 1er mars 2003.
Déroulement de l’infection :
L’incidence d’infection détectable par le HPV présente
un pic à un âge compris entre 20 et 25 ans. Son incidence
cumulative, déterminée par dosage de l’ADN du HPV chez des
jeunes femmes ayant été observée pendant une période
de plusieurs années après leur première expérience
sexuelle, peut atteindre jusqu’à 50%, en fonction de leur comportement
sexuel. Parmi les femmes positives pour le HPV HR, 5 à 10% développent
des anomalies cytologiques inhabituelles. La prévalence d’infections
détectables par le HPV diminue avec l’âge. Le HPV cesse d’être
détectable par des techniques de biologie moléculaire chez
80% des patientes infectées par le HPV après une période
d’environ 12 mois. Une persistance ou une progression n’est observée
que dans 20% des cas. Si une infection par le HPV au niveau de la portion
inférieure du tractus génital persiste pendant plusieurs
années, un stade précancéreux (dysplasie, néoplasie
intraépithéliale) peut se développer. Néanmoins,
moins de 1% des infections persistantes par le HPV à haut risque
(HPV HR) induisent un cancer après un délai moyen de quinze
ans. Comme seule une faible proportion des patientes infectées développent
un cancer de l’utérus, d’autres facteurs sont importants en plus
du HPV. Outre l’immunosupression, le VIH, les infections, le tabagisme
et les infections à chlamydia, des facteurs génétiques
qui empêchent le système immunitaire de supprimer ou d’éliminer
l’infection par le HPV semblent avoir une importance considérable.
Il existe des indications indirectes de ce qu’une infection génitale
par le HPV peut persister à vie et qu’une infection latente est
réactivée en cas de faiblesse immunitaire (par exemple lors
d’infection par le VIH). (12)
Tableau clinique :
On observe les tableaux cliniques suivants dans le domaine de l’obstétrique
et de la gynécologie :
- condylomes acuminés se rencontrant dans les régions
vulvaire, vaginale et de la portion vaginale du col utérin et, en-dehors
des organes génitaux, dans la région anale ; l’urètre
n’est que rarement touché (1 à 3%) ;
- stades précancéreux au niveau du col utérin
(dysplasie, CIN I-III) évoluant jusqu’au cancer cervical ;
- néoplasie intraépithéliale vulvaire (VIN, papulose
bowénoïde, maladie de Bowen) évoluant jusqu’au carcinome
vulvaire et au carcinome verruqueux (Buschke-Löwenstein) ;
- néoplasies intraépithéliales périanales
(PAIN) et anales (AIN) évoluant jusqu’au carcinome invasif ;
- papillome laryngé chez le nouveau-né et le nourrisson.
Condylomes acuminés (CA) :
En raison de la période incubation souvent prolongée
(trois semaines à huit mois), il est généralement
impossible de déterminer le moment exact de l’infection. Des condylomes
macroscopiquement visibles se rencontrent chez environ 1% de l’ensemble
des femmes.
Les condylomes acuminés sont diagnostiqués par examen
(vulve, vagin et col utérin) et par palpation (rectum, anus). Un
examen au spéculum est toujours nécessaire pour exclure la
présence de condylomes vaginaux ou cervicaux. Une proctoscopie est
indiquée lors de condylomes acuminés intra-anaux et rectaux.
Les zones suspectes peuvent être blanchies par tamponnement avec
de l’acide acétique dilué (3 à 5%). La syphilis ou
une infection par le VIH doivent être exclues par sérologie.
Un examen du partenaire sexuel est à conseiller. En cas de découverte
périanale, la présence de condyloma lata doit être
exclue, si nécessaire par examen histologique, lors de syphilis
(stade II), de papulose bowénoïde, de maladie de Bowen et de
marques cutanées anales ; en cas de découvertes intra-anales,
ceci s’applique également aux papillomes anaux et aux polypes rectaux.
Les condylomes acuminés pendant la grossesse sont associés
dans de très rares cas à une récurrence tardive de
papillomes laryngés durant l’enfance. Il existe un certain risque
de transmission au nouveau-né chez les primipares âgées
de moins de vingt ans. Une indication absolue pour une césarienne
primaire n’existe que si les voies naturelles sont obstruées par
des condylomes étendus. Le traitement des condylomes pendant la
grossesse se fait de préférence par utilisation d’acide trichloracétique
(TCA), vaporisation au laser ou cryothérapie. Le moment optimal
est indéterminé ; il semble approprié d’effectuer
le traitement en-dehors de la période de naissance prématurée
: une surinfection des surfaces lésées peut engendrer une
infection ascendante avec pour conséquence des contractions prématurées
ou une rupture de la poche amniotique.
Néoplasies intraépithéliales :
Les néoplasies intraépithéliales vulvaires (VIN)
sont généralement légèrement surélevées
et multicentriques. Des modifications similaires dans la région
vaginale (VAIN) sont rares, mais peuvent aisément échapper
au diagnostic (test à l’iode de Schiller).
Les néoplasies intraépithéliales dans la région
de la portion vaginale du col utérin ne peuvent être localisées
de manière précise que par examen colposcopique.
Documentation :
Dessins, photographies, vidéos, présentations sur ordinateur.
(voir également les directives de l’AG-CPC de la DGGG).
Procédures diagnostiques :
Cytologie :
La cytologie n’est pas une méthode valable pour la détection
du HPV. Les koïlocytes et les dyskératocytes sont seulement
des marqueurs spécifiques d’une infection floride, tandis que la
majorité des infections par le HPV ne sont pas décelables
par cette technique. L’exactitude de la cytologie lors d’infection par
le HPV seul est estimée à l’heure actuelle à 15% seulement.
Colposcopie :
Telle quelle, avec filtre vert, à l’acide acétique, à
l’iode.
(voir également les directives de l’AG-CPC de la DGGG).
Détection du HPV en laboratoire :
Les techniques de détection du HPV varient en ce qui concerne
leur sensibilité. L’expérience du laboratoire est essentielle
pour des résultats fiables (en particulier avec les techniques de
PCR).
Les méthodes classiques de diagnostic viral comme la microscopie
électronique, les cultures cellulaires et certaines méthodes
immunologiques ne conviennent pas pour la détection du HPV. Il n’est
pas possible de cultiver le HPV en cultures cellulaires. La méthode
classique de détection virale utilisée en routine est l’hybridation
des acides nucléiques :
- test de capture des hybrides en microplaques (HC II) ;
- réaction en chaîne à la polymérase = PCR
(polymerase chain reaction).
Le test de capture des hybrides HC II homologué par la FDA (Digene,
Etats-Unis) détecte même 1 pg d’ADN du HPV par ml ; sa sensibilité
et sa spécificité sont pratiquement comparables à
celles de la PCR. Les avantages de cette méthode sont une manipulation
relativement simple et une bonne reproductibilité des résultats,
ce qui fait de ce test la meilleure méthode standardisée
de détection du HPV. L’identification du type exact de HPV n’est
pas possible, mais seuls les groupes génotypiques de HPV «
à faible risque » (6, 11, 42, 43, 44) et « à
haut risque » (16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 68)
sont détectés.
Avec la méthode de PCR, on commence par procéder à
une amplification de l’ADN viral. Il est possible de parvenir à
une sensibilité supérieure à celle de la capture des
hybrides dans des laboratoires suffisamment spécialisés.
Néanmoins, les différences de résultats entre laboratoires
sont très importantes dans certains cas. La détection de
l’ADN du HPV par PCR réalisé par un laboratoire spécialisé
dans cette technique constitue la méthode de choix pour de nombreuses
études scientifiques.
Indications du test de détection du HPV :
L’utilisation clinique du test de détection du HPV a jusqu’à
présent été évaluée pour les indications
suivantes :
1. Chez les femmes dans le cadre du dépistage du cancer, en
complément à la cytologie.
2. Chez les patientes de sexe féminin chez qui les observations
cytologiques ne permettent pas de conclure pour effectuer un tri (classes
de Papanicolaou IIW et III).
3. Chez les patientes de sexe féminin présentant des
stades précancéreux légers et modérés,
afin de prédire la régression, la persistance ou la progression
(classes de Papanicolaou IIID et IVa).
4. Chez les patientes de sexe féminin après conisation
pour dysplasie.
Re 1 : Le test de détection du HPV est potentiellement utilisable
pour la détection primaire en complément ou en tant qu’alternative
au frottis cytologique. Le test de détection du HPV HR est plus
sensible que l’examen cytologique, mais moins spécifique. Un résultat
négatif pour le HPV HR indique que la présence d’un stade
précancéreux sérieux ou d’un carcinome est extrêmement
improbable. L’avantage du test de détection du HPV pour le dépistage
doit encore être évalué par le biais d’une analyse
coût-bénéfices.
Re 2 : La question la plus souvent étudiée avec le test
de détection du HPV est le tri des femmes présentant des
modifications mineures (classes de Papanicolaou IIW ou IIK, ASCUS, AGUS
et CIN I). Bien que la majorité des femmes faisant l’objet de ces
diagnostics cytologiques présentent des résultats normaux
ou des lésions avec un puissant potentiel de régression à
l’évaluation histologique (CIN I), les classes CIN II ou CIN III
peuvent être détectées par examen histologique chez
5 à 20% de l’ensemble des femmes faisant l’objet de ces diagnostics
cytologiques. La valeur du test de détection du HPV pour le tri
des femmes avec classe de Papanicolaou IIW ou IIK pour les CIN II/III semble
être supérieure à la répétition de l’examen
cytologique dans toutes les précédentes études. Un
effet positif sur le rapport coût-bénéfices reste à
démontrer pour cette indication également dans le cadre du
système de soins de santé allemand.
Re 3 : Jusqu’à 70% des dysplasies légères ou CIN
I régressent sur une période de cinq ans. Un résultat
négatif récurrent pour la détection par PCR du HPV
HR indique que le stade précancéreux qui en résulte
a une forte probabilité de régression.
Re 4 : Environ 10 à 15% de l’ensemble des femmes présentant
une persistance ou une récurrence après ablation d’un CIN.
L’incidence de cancer cervical invasif chez les femmes chez qui un CIN
III a été traité par conisation est de 1 pour 1000
par an. Toutes les études réalisées jusqu’à
présent concordent pour conclure que lors de CIN persistant ou récurrent,
le test de détection de l’ADN du HPV à haut risque est supérieur
à l’examen cytologique.
Indications de la colposcopie :
Toute femme atteinte d’infection démontrée par le HPV
(par exemple condylomes acuminés) doit subir une colposcopie, indépendamment
de la procédure de test et de la localisation, de l’existence d’un
frottis cytologique positif et/ou du diagnostic de néoplasie intraépithéliale
des voies génitales inférieures.
L’examen colposcopique est recommandé par les experts, avec
ablation sélective des tissus si nécessaire.
Indications pour d’autres procédures diagnostiques complémentaires
:
Le partenaire d’une patiente de sexe féminin atteintes de papillomes
génitaux doit subir un examen clinique et être traité
de manière adéquate si l’on découvre des papillomes
visibles warts ou des lésions associées au HPV (par exemple
clarification de PAIN). Lors de CIN, VIN, VHN ou PIN récurrent,
un examen du partenaire est également recommandé.
Les autres procédures diagnostiques sont fortement recommandées
afin d’exclure d’autres infections sexuellement transmissibles.
(voir également les directives de l’AGII de la DGGG).
Traitement :
Directives actuelles lors de VIN :
VIN I et VIN II Destruction en surface (vaporisation au laser) sous
contrôle colposcopique après clarification histologique préalable.
VIN III Excision chirurgicale chez les patientes en bonne santé.
VIN III Zones étendues : vaporisation au laser après exclusion
histologique d’un événement invasif, vulvectomie avec dénudation,
vulvectomie simple.
Directives actuelles lors de CIN :
1. Destruction en surface :
Méthode : laser au CO2 , sous guidance par colposcopie avec
micromanipulateur.
Indications : résultats bénins (par exemple papillome),
CIN I ou CIN II avec localisation ectocervicale, complètement visible,
après biopsie préalable, patiente coopérative.
CIN II-III (HGSIL) réalisé individuellement par des spécialistes,
uniquement avec biopsies multiples.
2. Traitement par résection :
Conisation par anse électrochirurgicale à haute fréquence
(excision par anse, large excision par anse de la zone de transformation
ou LLETZ).
Indication : CIN II-III persistant (HGSIL)
Conisation (la conisation thérapeutique se base sur l’histologie
du matériel de biopsie).
Méthode : conisation par anse ou au laser, scalpel.
Indications : CIN II (endocervical), CIN III, adénocarcinome
in situ.
CIN I et CIN II persistants avec extension endocervicale.
(voir également les directives de l’AG-CPC de la DGGG).
Traitement du partenaire :
Un effet positif spécifique sur le risque d’infection ou de
réinfection par l’utilisation de préservatifs n’a pas été
démontré pour les maladies associées au HPV. Aussi
longtemps que d’autres maladies sexuellement transmissibles n’ont pas été
exclues ou traitées, l’utilisation de préservatifs doit être
conseillée.
Procédures de traitement recommandées, basées
sur les observations (pour les papillomes anogénitaux) :
Les stades basés sur l’observation (I à IV) et la
valeur des recommandations (A à C) correspondent au niveau international
à l’assurance de qualité dans les évaluations conventionnelles
de la littérature (voir également Annexe)
Auto-traitement sur prescription médicale Podophyllotoxine
(crème à 0,15%, solution à 0,5%) ; (Ib, A)
Imiquimod crème (crème à 5%) ;
(Ib, A)
(gel à l’interféron bêta (0,1 million UI/g) comme
traitement adjuvant) (11) |
Traitement appliqué par un médecin
Acide trichloracétique
(11)
Cryothérapie
(11)
Electrochirurgie (Ib, A) / laser (IIb, B)
Excision aux ciseaux / curetage (11) |
Auto-traitement sur prescription médicale :
Podophyllotoxine solution à 0,5%, Podophyllotoxine crème
à 0,15%
La podophyllotoxine solution à 0,5% est appliqué par
la patiente sur les papillomes génitaux à l’aide d’un coton-tige
et la podophyllotoxine crème à 0,15% avec le doigt, cela
deux fois par jour pendant trois jours. Ce traitement est suivi d’une pause
de quatre jours. Le traitement est répété avec un
maximum de quatre cycles. Surface maximale de papillomes pouvant être
traités : 10 cm2, dose maximale journalière : 0,5 ml.
La podophyllotoxine crème à 0,15% a été
enregistrée pour le traitement des papillomes génitaux externes
chez l’homme et chez la femme. La podophyllotoxine solution à 0,5%
a été enregistrée chez l’homme uniquement.
Imiquimod crème à 5% (Aldara®)
L’imiquimod est le premier immunostimulant « topique »
sur le marché. Traitement topique des papillomes génitaux
trois fois par semaine, le soir, pendant un maximum de seize semaines.
Il est recommandé de rincer à l’eau la zone traitée
6 à 10 heures plus tard. Si la réponse primaire au traitement
dans les études a été un succès, l’imiquimod
a révélé de très faibles taux de récurrence
(16%) au cours de l’évolution ultérieure de la maladie.
Traitement topique adjuvant par un gel à l’interféron
bêta après ablation des papillomes anogénitaux
Le traitement topique après ablation des papillomes anogénitaux
externes par électrocautérisation ou au laser consiste en
cinq applications par jour de gel à base d’interféron bêta
(0,1 million UI/g de gel) pendant une durée de quatre semaines.
Surface maximale de papillomes pouvant être traités : £
10 cm2.
L’auto-traitement par le médicament indiqué est généralement
à recommander lors de nouvelles lésions avec kératose
limitée. Dans le cas de lésions kératosiques, un échec
du traitement et, en raison d’une profondeur de pénétration
insuffisante des substances, une récurrence locale doivent être
attendues plus fréquemment. Ces substances n’ont jusqu’à
présent été enregistrées que pour les organes
génitaux externes.
La podophyllotoxine, l’imiquimod et l’interféron bêta
sont contre-indiqués pendant la grossesse et ne sont pas enregistrés
pour utilisation sur les muqueuses ni pour les patientes sous immunosuppression.
Traitements appliqués par un médecin :
Acide trichloracétique (jusqu’à 85%)
L’application d’acide trichloracétique entraîne une nécrose
cellulaire. L’acide trichloracétique est appliqué sur les
papillomes par le médecin à l’aide d’un applicateur. De très
bons résultats sont obtenus dans le cas de condylomes acuminés
de petite taille, non kératosiques, dans des zones de muqueuses.
Le traitement est répété à intervalles d’une
semaine.
Inconvénients : brûlure et douleur.
Avantages : guérison sans formation de cicatrice. Peut s’utiliser
en toute sécurité pendant la grossesse. S’utilise seulement
en très petite quantité. Une neutralisation au bicarbonate
de soude est nécessaire en cas de surdosage. On peut recouvrir l’épithélium
environnant avec un onguent gras si nécessaire.
Cryothérapie
Utilisation du froid avec de l’azote liquide au cours d’une intervention
ouverte (pulvérisation ou coton-tige) ou sous forme de cryothérapie
par contact (intervention fermée : cryosonde au CO2, N2O, N2). Le
traitement est répété une fois par semaine ou toutes
les deux semaines.
Avantages : faible coût, procédure simple, pratiquement
pas de complications à long terme.
Inconvénients : complications locales initiales, les récurrence
sont fréquentes (jusqu’à 75%).
Méthodes chirurgicales
Ablation par excision aux ciseaux ou à l’aide d’une cuiller
aiguisée, curetage, électrocautérisation ou laser
au CO2 / laser Nd-YAG. Les méthodes chirurgicales peuvent être
utilisées comme traitement primaire. Une anesthésie locale
est toujours nécessaire. Un traitement à l’électrocautère
ou au laser est indiqué en présence de papillomes étendus
et récurrents, principalement lors de papillomes en taches.
Avantage : effet immédiat du traitement.
Inconvénients : Formation de fumée par le laser au CO2
et le traitement par électrocautérisation. Ceci peut poser
un problème de sécurité en raison de la présence
possible de particules virales infectieuses dans la fumée (détection
de l’ADN viral). Il est indispensable de porter des masques faciaux spéciaux
et des lunettes de protection, ainsi que d’évacuer la fumée
par aspiration.
Traitements recommandés lors de papillomes génitaux
ayant une localisation particulière :
Conduit anal
Cryothérapie à l’azote liquide, acide trichloracétique
(uniquement en présence de condylomes acuminés de petite
taille) ou méthodes chirurgicales (laser au CO2-/Nd-YAG ou électrocautère).
Vagin
Cryothérapie (azote liquide uniquement, l’utilisation de la
cryosonde est contre-indiquée), acide trichloracétique ou
procédure chirurgicale (laser au CO2 ou électrocautère).
Col utérin
Laser au CO2.
(en ce qui concerne l’urètre : voir directives de la DGU).
Vaccination :
En raison à la fois de l’importance du rôle des papillomavirus
humains pathogènes dans l’étiologie du cancer et de la morbidité
associée à l’infection chez les patientes de sexe féminin,
la recherche de vaccins prophylactiques et thérapeutiques efficaces
se justifie. Des particules virales exemptes d’ADN (VLP, virus-like particles),
qui ont déjà été testées dans des expériences
sur animaux, ont été développées en vue de
l’immunoprophylaxie. Comme les VLP ont une activité extrêmement
spécifique, différents types de HPV doivent être inclus
pour une prophylaxie efficace. On peut utiliser des vaccins qui stimulent
le système immunitaire en vue de rejeter les cellules positives
pour le HPV pour le traitement des lésions existantes. Comme cette
réaction est probablement spécifique de type également,
une procédure diagnostique du HPV au niveau de la lésion
à traiter est nécessaire (par une méthode basée
sur la PCR ). A l’heure actuelle, divers vaccins sont au stade préclinique
ou clinique de leur développement ; il faudra malgré tout
encore plusieurs années avant que le premier vaccin contre le HPV
soit mis sur le marché.
Références :
1. IDSOG Task Team Report: Management of Genital Human Papillomavirus
(HPV) Infection.
Ch. Livengood, Udo B. Hoyme. 2000.
2. European course on HPV associated pathology: guidelines for primary
care physicians for the diagnosis and management of anogenital warts.
G. von Krogh, C.f.N. Lacey, G. Gross, R. Barasso, A. Schneider.
Sexual transmitted Infections 2000; 76; 162 – 168.
3. Diagnostic Procedures and Treatment of Genital Diseases Caused by
Human Papillomaviruses (HPV).
P. Schneede, A. Hofstetter. Guidelines of the German Society for Urology
2001.
4. Guidelines for the Clinical Picture of Condylomata in the Anorectal
Region.
Guidelines of the German Dermatological Society 2000.
5. Condylomata acuminata and Other HPV-associated Clinical Pictures
of the Genitalia and Urethra.
Guidelines of the German STD Society 2000.
6. Prevention of Genital HPV Infection and Sequelae: Report of an external
consultants’ Meeting.
CDC Division of STD Prevention 12/1999.
7. Importance of the Detection of Human Papillomaviruses (HPV) in Screening.
A. Schneider, H. Hoyer, M. Dürst.
Deutsches Ärzteblatt 2001.
8. Diagnostic and Therapeutic Standards in Intraepithelial Neoplasia
and Early Invasive Carcinomas of the Female Genital Tract.
AG-CPC de la DGGG.
9. Comparison of three management strategies for patients with a typical
squamous cells of undetermined significance: Baseline results from a randomized
trial.
D. Solomon, M. Schiffmann, R. Tarone (pour le groupe ALTS).
J. Nat. Cancer Inst., Vol. 93, n° 4, 21 février 2001, 293-299.
10. Safety and Immunogenicity trial in adult volunteers of a human
papillomavirus 16 L1 virus-like particle vaccine.
C.D. Harro et al.
J. Nat. Cancer Inst., Vol. 93, n° 4, 21 février 2001, 284-292.
11. selon publications dans Ärzteblatt et Frauenarzt.
Schneider A. et Wagner D. Infections of Women with Genital Human Papillomavirus.
Dt Ärztebl 1993; 90; A 730-A 732.
Schneider A., Wagner D. Recommendations for the Diagnosis and Treatment
of HPV Infections and Precancerous States of the Lower Genital Tract.
Frauenarzt, 1994; 35: 1057-1065.
Schneider A. Groupe de parrainage « Papillomavirus Infections
in Man and Animals ». Approach in a Pathological Cervical Smear.
Frauenarzt 1995; 36: 704-707.
12. Communication personnelle.
Chr. Thaler.
Annexe :
Evaluation basée sur l’observation (stades I-IV) et gradation
(A-C) des recommandations de traitement importantes pour les directives
:
Des sources tirées de la littérature avec évidence
de degré A et évidence de stade d’évaluation Ib, c’est-à-dire
des évidences basées sur des études contrôlées,
randomisées, ont été utilisées pour ces directives.
Aucune méta-analyse d’études contrôlées, randomisées
(degré A, stade Ia) n’était disponible. L’évaluation
du traitement au laser n’était possible que sur base d’études
d’évidence de stade IIa (degré B), c’est-à-dire des
études scientifiques conçues par des experts sans aucune
randomisation. Les études quasi-expérimentales (IIb, B) conçues
par des experts, les études descriptives non expérimentales
(études comparatives, études de corrélation et études
de cas cliniques) (degré B, stade III) et les opinions de spécialistes
(degré C, stade IV) n’ont en principe pas été prises
en considération.
Abréviations :
AG-CPC Arbeitsgemeinschaft Zervixpathologie und Zytologie der DGGG
[Groupe d’étude sur la pathologie et la cytologie cervicales de
la DGGG]
AGII Arbeitsgemeinschaft Infektiologie und Infektionsimmunologie der
DGGG [Groupe d’étude sur les infections et l’immunologie infectieuse
de la DGGG]
AIN Anal intraepithelial neoplasia ou néoplasie intraépithéliale
anale
ASCUS Atypical squamous cells of undetermined significance ou cellules
squameuses atypiques de signification indéterminée
CIN Cervical intraepithelial neoplasia ou néoplasies intraépithéliales
cervicales
DGGG Deutsche Gesellschaft für Gynäkologie und Geburtshilfe
[Société allemande d’obstétrique et de gynécologie]
ADN Acide désoxyribonucléique
HC II Hybrid capture II ou capture d’hybrides II
HPV Human papillomavirus ou papillomavirus humain
HPV HR HPV à haut risque
HSIL High-grade squamous intraepithelial lesion ou lésion squameuse
intraépithéliale de degré élevé
LLETZ Large-loop-excision of the transformation zone ou large excision
par anse de la zone de transformation
HPV LR HPV à faible risque
LSIL Low-grade squamous intraepithelial lesion ou lésion squameuse
intraépithéliale de degré faible
PCR Polymerase chain reaction ou réaction en chaîne à
la polymérase
PIN Penile intraepithelial neoplasia ou néoplasie intraépithéliale
pénienne
TCA Acide trichloracétique
VAIN Vaginal area intraepithelial neoplasia ou néoplasie intraépithéliale
de la région vaginale
VIN Vaginal intraepithelial neoplasia ou néoplasie intraépithéliale
vaginale
VLP Virus-like particles ou particules virales exemptes d’ADN